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À Timenkar, une école bâtie par les familles du plateau

En septembre 2023, un séisme d’une rare violence frappait le Haut Atlas marocain. Trois ans plus tard, sur le plateau de Timenkar, un lycée collégial de 984 m² accueille les élèves de 13 villages. Il a été construit en pierre locale, avec les familles, sur les plans de l’architecte Salima Naji. Le Fonds de dotation Mécénat Servier s’y est engagé aux côtés de l’Heure Joyeuse et d’Open Village.

Le séisme du 8 septembre 2023 a laissé des dizaines de milliers de familles sans abri et détruit de nombreux villages et écoles de la province d’Al Haouz. Près de 2 millions de personnes, dont 674 892 enfants, vivaient alors dans les zones les plus touchées (1).

Sur le plateau de Timenkar, à 70 km de Marrakech, la reconstruction a pris la forme d’un complexe pédagogique.

Une autre idée de la modernité

Le bâtiment de 984 m² a été conçu par Salima Naji, qui est intervenue bénévolement. Son principe tient en une phrase : un lieu sûr, confortable et adapté au climat Les familles du plateau ont pris part au chantier. La pierre est locale, les techniques ancestrales sont celles du Haut Atlas, la structure est parasismique autant qu’adaptée au dérèglement climatique.

Le projet a été pensé dès l’origine pour être reproductible : d’autres territoires exposés aux mêmes contraintes peuvent en reprendre le principe constructif. Un second bâtiment de 163 m², de plain-pied, loge le corps enseignant sur place — condition pratique de la continuité de l’année scolaire.

Le point fort de ce projet collectif de Timenkar est qu’il défend une autre idée de la modernité : garder le meilleur de notre héritage en apportant ce qu’il faut d’innovation. La vraie durabilité et le souci du confort au quotidien des enfants ont guidé notre travail, ainsi que la volonté de leur transmettre la fierté de leur appartenance.

Salima Naji, architecte

13 villages, 278 élèves

Le lycée collégial de Timenkar dessert 13 villages du plateau. En 2025-2026, 278 élèves, dont 54 % de filles, y ont achevé leur année scolaire. Le 7 septembre 2026, les partenaires du projet se sont réunis pour l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, en présence du Secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports.

Un écosystème qui dépasse les frontières

De la province d’Al Haouz à Suresnes, en passant par Casablanca et Paris, le projet a réuni l’Association Tizi N’Oucheg de Développement (ATND), l’Heure Joyeuse, Open Village, les familles du plateau et le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports.

Ce projet démontre combien l’entraide, à l’échelle d’un village, d’une nation et au-delà des frontières, est source de créativité, d’innovation et de fierté partagée.

Patrick Therasse, Délégué général du Fonds de dotation Mécénat Servier

Un modèle fait pour être repris

Au lendemain du séisme, le Royaume du Maroc a fixé un cap : reconstruire durablement, avec des bâtiments capables de tenir en cas de nouvelle catastrophe. À Timenkar, c’est l’architecture vernaculaire qui a permis d’y répondre.

Le principe constructif est documenté et transposable. La suite se joue peut-être là : non dans un bâtiment, mais dans ce qu’il rend reproductible ailleurs.

Le 7 septembre 2026, les partenaires du projet se sont réunis pour l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, en présence du Secrétaire Général du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports du Maroc.

(1) Séisme au Maroc – UNICEF